{"id":574,"date":"2026-03-01T18:22:33","date_gmt":"2026-03-01T17:22:33","guid":{"rendered":"https:\/\/profunitespeciale.be\/?p=574"},"modified":"2026-03-01T18:22:33","modified_gmt":"2026-03-01T17:22:33","slug":"langoisse-moi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/profunitespeciale.be\/?p=574","title":{"rendered":"L&rsquo;angoisse &amp; moi"},"content":{"rendered":"\n<p>On confond souvent le stress et l\u2019angoisse. Deux amis qui se baladent main dans la main, assez souvent d&rsquo;ailleurs. Peut-\u00eatre parce qu\u2019ils parlent la m\u00eame langue dans le corps : tous deux serrent la poitrine, troublent la respiration, acc\u00e9l\u00e8rent le c\u0153ur, dispersent les pens\u00e9es. De loin, ils se ressemblent. Mais de pr\u00e8s, ils n\u2019ob\u00e9issent pas tout \u00e0 fait \u00e0 la m\u00eame logique. Amis, mais pas jumeaux.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le<\/strong> <strong>stress<\/strong> est g\u00e9n\u00e9ralement une r\u00e9ponse \u00e0 un \u00ab\u00a0quelque chose\u00a0\u00bb : une \u00e9ch\u00e9ance, une pression, une accumulation concr\u00e8te, un \u00e9v\u00e9nement identifiable. Il est r\u00e9actionnel. Il surgit parce qu\u2019un stresseur est l\u00e0, devant soi, et il tend \u00e0 s\u2019apaiser lorsque ce stresseur diminue ou dispara\u00eet. Le stress porte sur quelque chose de concret, d&rsquo;existant. Il permet au corps de r\u00e9agir. Il devient envahissant quand la r\u00e9action est excessive.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>L\u2019angoisse<\/strong>, elle, d\u00e9borde souvent ce cadre. Elle peut persister en l\u2019absence d\u2019une menace claire, se nourrir d\u2019une inqui\u00e9tude diffuse, d\u2019un possible, d\u2019une projection, d\u2019un flou int\u00e9rieur. L\u00e0 o\u00f9 le stress est plus volontiers arrim\u00e9 au pr\u00e9sent et \u00e0 l\u2019environnement, l\u2019angoisse semble davantage li\u00e9e \u00e0 l\u2019anticipation, \u00e0 l\u2019incertitude, au travail souterrain de l\u2019esprit sur ce qui pourrait advenir (1)(2)(3).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que j\u2019ai eu besoin, avec le temps, de cesser de parler de\u00a0\u00ab mes<em> <\/em>angoisses \u00bb\u00a0comme d\u2019un bloc uniforme. Au d\u00e9but, je percevais \u00e7a comme quelque chose de monolithique. Et pourtant, chez moi, elles ne forment pas une masse unique. Elles dessinent plut\u00f4t une cartographie intime, une petite typologie int\u00e9rieure, avec ses reliefs, ses zones brumeuses, ses m\u00e9canismes propres. Mettre des mots sur elles n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un luxe th\u00e9orique. C\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re de reprendre un peu de terrain. D\u2019arracher \u00e0 l\u2019informe quelque chose qui puisse \u00eatre pens\u00e9. Et parfois, quand une exp\u00e9rience devient pensable, elle devient aussi, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre l\u00e9g\u00e8re, un peu moins opaque. Et puis je peux l&rsquo;exprimer, au-del\u00e0 du <em>d\u00e9ficit s\u00e9miotique<\/em>, le fait de manquer de mots pour exprimer un concept.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a d\u2019abord ce que j\u2019appelle les\u00a0<strong>angoisses fant\u00f4mes<\/strong>. Ce sont peut-\u00eatre les plus d\u00e9stabilisantes, parce qu\u2019elles semblent na\u00eetre sans sc\u00e8ne, sans d\u00e9cor, sans histoire. Tous les sympt\u00f4mes sont l\u00e0 : la poitrine serr\u00e9e, le souffle moins ample, l\u2019agitation qui monte, parfois une fatigue brutale, parfois cette impression \u00e9trange d\u2019\u00eatre l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9plac\u00e9 de soi-m\u00eame. Le corps, lui, semble avoir re\u00e7u un message d\u2019alerte. Il se mobilise, il se pr\u00e9pare et se crispe. Mais l\u2019esprit, en face, ne trouve rien. C&rsquo;est le vide. Le n\u00e9ant. Pas de cause nette. Pas de sc\u00e9nario pr\u00e9cis. Pas m\u00eame une peur bien formul\u00e9e. C\u2019est une alarme sans incendie visible. Une angoisse sans visage conscient. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cela qui la rend si difficile \u00e0 apprivoiser : on peut parfois discuter avec une peur quand on sait d\u2019o\u00f9 elle vient ; on se sent beaucoup plus d\u00e9muni quand il n\u2019y a que le vacarme int\u00e9rieur, sans objet auquel le rattacher.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a ensuite les\u00a0<strong>angoisses par projection empathique<\/strong>. Celles-l\u00e0, je les connais surtout \u00e0 travers mes enfants. Elles naissent d\u2019un mouvement qui, au d\u00e9part, pourrait presque \u00eatre d\u00e9crit comme une forme d\u2019amour : se mettre \u00e0 la place de l\u2019autre, imaginer ce qu\u2019il ressent, anticiper sa fragilit\u00e9. Mais il arrive que ce mouvement glisse, chez moi, vers autre chose. Un de mes enfants part en voyage scolaire, par exemple, et je ne me contente pas de constater son d\u00e9part. J\u2019imagine la soir\u00e9e, la fatigue, le dortoir inconnu, le moment o\u00f9 il pourrait se sentir triste, avoir envie de rentrer, sentir le manque, peut-\u00eatre pleurer. Rien de tout cela n\u2019est encore arriv\u00e9. Peut-\u00eatre m\u00eame que rien de tout cela n\u2019arrivera. Ou bien si, mais je ne pourrai rien y changer (S\u00e9n\u00e8que dirait, \u00e7a ne d\u00e9pend pas de moi, pourquoi m&rsquo;enqu\u00e9rir de cela d\u00e8s lors ?). Mais moi, d\u00e9j\u00e0, je le ressens. Je vis dans mon propre corps une \u00e9motion que je lui pr\u00eate, avant m\u00eame qu\u2019elle n\u2019existe. Je souffre non d\u2019un fait, mais d\u2019une sc\u00e8ne possible, d&rsquo;un sc\u00e9nario finement construit dans lequel je vis la subjectivit\u00e9 projet\u00e9e d&rsquo;un autrui. D\u2019une \u00e9motion anticip\u00e9e. D\u2019un chagrin hypoth\u00e9tique. Et c\u2019est l\u00e0, pour moi, un lieu tr\u00e8s pr\u00e9cis de l\u2019angoisse : cette capacit\u00e9 \u00e0 habiter avec intensit\u00e9 un monde qui n\u2019existe encore que dans l\u2019imaginaire. Et mon imaginaire, il n&rsquo;est pas tr\u00e8s lumineux dans ces circonstances-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il y a une troisi\u00e8me forme d\u2019angoisse, plus proche en apparence de ce qu\u2019on appelle couramment le stress, mais qui, chez moi, le d\u00e9borde souvent.<strong> <\/strong>C&rsquo;est <strong>l\u2019angoisse par anticipation d\u2019accumulation<\/strong>. Celle de la surcharge de travail. Ce n\u2019est pas seulement le fait d\u2019avoir beaucoup \u00e0 faire. Ce n\u2019est m\u00eame pas uniquement une question d\u2019agenda rempli. C\u2019est plut\u00f4t le sentiment que tout s\u2019entasse dans la t\u00eate avant m\u00eame de s\u2019\u00eatre r\u00e9ellement produit. Chaque t\u00e2che nouvelle ne vient pas simplement s\u2019ajouter \u00e0 une liste : elle s\u2019abat sur une repr\u00e9sentation d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9e. Ce qui p\u00e8se, alors, ce n\u2019est pas un \u00e9l\u00e9ment isol\u00e9, mais la vision globale du trop-plein. Le film mental du d\u00e9bordement. La sensation de ne plus pouvoir contenir ce qui vient. L\u00e0 encore, la diff\u00e9rence entre stress et angoisse me semble importante : le stress r\u00e9pond souvent \u00e0 une pression concr\u00e8te ; l\u2019angoisse, elle, se loge aussi dans le r\u00e9cit int\u00e9rieur que je tisse autour de cette pression, dans la mani\u00e8re dont l\u2019esprit transforme une charge en horizon d\u2019\u00e9crasement.<\/p>\n\n\n\n<p>Comprendre cela n\u2019a pas dissous mes crises d\u2019angoisse. Et je n&rsquo;ai aucun complexe \u00e0 dire que je les traite avec l&rsquo;aide d&rsquo;une psy fabuleuse et, quand je suis \u00e9cras\u00e9 et d\u00e9pass\u00e9, par des anxiolytiques (et pour les m\u00e9decins autoproclam\u00e9s des r\u00e9seaux sociaux : je cours, je nage, je marche, je me nourris correctement, j&rsquo;ai test\u00e9 plein de choses pendant des ann\u00e9es). Pour le reste, nommer n\u2019est pas gu\u00e9rir. Classer n\u2019est pas calmer. Je ne vais pas faire semblant qu\u2019une typologie intime suffit \u00e0 pacifier le syst\u00e8me nerveux ou \u00e0 faire taire les nuits trop pleines.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cela a tout de m\u00eame chang\u00e9 quelque chose. \u00c0 la place d\u2019une masse confuse, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 voir des formes. \u00c0 la place d\u2019un envahissement total, des logiques distinctes. Et parfois, dans ce tr\u00e8s l\u00e9ger d\u00e9placement, quelque chose s\u2019ouvre. Pas une d\u00e9livrance spectaculaire. Pas une victoire nette. Juste un peu de clart\u00e9. Un peu d\u2019espace entre l\u2019angoisse et moi. Et parfois, dans cet espace minuscule, il redevient possible de respirer.  Un peu, du moins.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>(1)<\/strong>&nbsp;Lazarus, R. S., &amp; Folkman, S. (1984).&nbsp;<em>Stress, appraisal, and coping<\/em>. Springer Publishing Company.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(2)<\/strong>&nbsp;American Psychological Association. (2019, October 28).&nbsp;<em>What\u2019s the difference between stress and anxiety?<\/em>&nbsp;American Psychological Association.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>(3)<\/strong>&nbsp;Barlow, D. H. (2002).&nbsp;<em>Anxiety and its disorders: The nature and treatment of anxiety and panic<\/em>&nbsp;(2nd ed.). Guilford Press.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Transparence : j\u2019\u00e9cris moi-m\u00eame mes textes. Pour celui-ci, j\u2019ai simplement utilis\u00e9 ChatGPT comme outil de relecture (correction, reformulation, fluidit\u00e9) et Perplexity comme carnet de notes pour rep\u00e9rer des sources et organiser des \u00e9l\u00e9ments. Le fond, le ton, les choix, et la responsabilit\u00e9 du contenu restent enti\u00e8rement les miens.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On confond souvent le stress et l\u2019angoisse. Deux amis qui se baladent main dans la main, assez souvent d&rsquo;ailleurs. Peut-\u00eatre parce qu\u2019ils parlent la m\u00eame langue dans le corps : tous deux serrent la poitrine, troublent la respiration, acc\u00e9l\u00e8rent le c\u0153ur, dispersent les pens\u00e9es. De loin, ils se ressemblent. Mais de pr\u00e8s, ils n\u2019ob\u00e9issent pas tout \u00e0 fait \u00e0 la m\u00eame logique. Amis, mais pas jumeaux. C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que j\u2019ai eu besoin, avec le temps, de cesser de parler de\u00a0\u00ab mes angoisses \u00bb\u00a0comme d\u2019un bloc uniforme. Au d\u00e9but, je percevais \u00e7a comme quelque chose de monolithique. Et pourtant, chez moi, elles ne forment pas une masse unique. Elles dessinent plut\u00f4t une cartographie intime, une petite typologie int\u00e9rieure, avec ses reliefs, ses zones brumeuses, ses m\u00e9canismes propres. Mettre des mots sur elles n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un luxe th\u00e9orique. C\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re de reprendre un peu de terrain. D\u2019arracher \u00e0 l\u2019informe quelque chose qui puisse \u00eatre pens\u00e9. Et parfois, quand une exp\u00e9rience devient pensable, elle devient aussi, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre l\u00e9g\u00e8re, un peu moins opaque. Et puis je peux l&rsquo;exprimer, au-del\u00e0 du d\u00e9ficit s\u00e9miotique, le fait de manquer de mots pour exprimer un concept. Il y a d\u2019abord ce que j\u2019appelle les\u00a0angoisses fant\u00f4mes. Ce sont peut-\u00eatre les plus d\u00e9stabilisantes, parce qu\u2019elles semblent na\u00eetre sans sc\u00e8ne, sans d\u00e9cor, sans histoire. Tous les sympt\u00f4mes sont l\u00e0 : la poitrine serr\u00e9e, le souffle moins ample, l\u2019agitation qui monte, parfois une fatigue brutale, parfois cette impression \u00e9trange d\u2019\u00eatre l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9plac\u00e9 de soi-m\u00eame. Le corps, lui, semble avoir re\u00e7u un message d\u2019alerte. Il se mobilise, il se pr\u00e9pare et se crispe. Mais l\u2019esprit, en face, ne trouve rien. C&rsquo;est le vide. Le n\u00e9ant. Pas de cause nette. Pas de sc\u00e9nario pr\u00e9cis. Pas m\u00eame une peur bien formul\u00e9e. C\u2019est une alarme sans incendie visible. Une angoisse sans visage conscient. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cela qui la rend si difficile \u00e0 apprivoiser : on peut parfois discuter avec une peur quand on sait d\u2019o\u00f9 elle vient ; on se sent beaucoup plus d\u00e9muni quand il n\u2019y a que le vacarme int\u00e9rieur, sans objet auquel le rattacher. Il y a ensuite les\u00a0angoisses par projection empathique. Celles-l\u00e0, je les connais surtout \u00e0 travers mes enfants. Elles naissent d\u2019un mouvement qui, au d\u00e9part, pourrait presque \u00eatre d\u00e9crit comme une forme d\u2019amour : se mettre \u00e0 la place de l\u2019autre, imaginer ce qu\u2019il ressent, anticiper sa fragilit\u00e9. Mais il arrive que ce mouvement glisse, chez moi, vers autre chose. Un de mes enfants part en voyage scolaire, par exemple, et je ne me contente pas de constater son d\u00e9part. J\u2019imagine la soir\u00e9e, la fatigue, le dortoir inconnu, le moment o\u00f9 il pourrait se sentir triste, avoir envie de rentrer, sentir le manque, peut-\u00eatre pleurer. Rien de tout cela n\u2019est encore arriv\u00e9. Peut-\u00eatre m\u00eame que rien de tout cela n\u2019arrivera. Ou bien si, mais je ne pourrai rien y changer (S\u00e9n\u00e8que dirait, \u00e7a ne d\u00e9pend pas de moi, pourquoi m&rsquo;enqu\u00e9rir de cela d\u00e8s lors ?). Mais moi, d\u00e9j\u00e0, je le ressens. Je vis dans mon propre corps une \u00e9motion que je lui pr\u00eate, avant m\u00eame qu\u2019elle n\u2019existe. Je souffre non d\u2019un fait, mais d\u2019une sc\u00e8ne possible, d&rsquo;un sc\u00e9nario finement construit dans lequel je vis la subjectivit\u00e9 projet\u00e9e d&rsquo;un autrui. D\u2019une \u00e9motion anticip\u00e9e. D\u2019un chagrin hypoth\u00e9tique. Et c\u2019est l\u00e0, pour moi, un lieu tr\u00e8s pr\u00e9cis de l\u2019angoisse : cette capacit\u00e9 \u00e0 habiter avec intensit\u00e9 un monde qui n\u2019existe encore que dans l\u2019imaginaire. Et mon imaginaire, il n&rsquo;est pas tr\u00e8s lumineux dans ces circonstances-l\u00e0. Enfin, il y a une troisi\u00e8me forme d\u2019angoisse, plus proche en apparence de ce qu\u2019on appelle couramment le stress, mais qui, chez moi, le d\u00e9borde souvent. C&rsquo;est l\u2019angoisse par anticipation d\u2019accumulation. Celle de la surcharge de travail. Ce n\u2019est pas seulement le fait d\u2019avoir beaucoup \u00e0 faire. Ce n\u2019est m\u00eame pas uniquement une question d\u2019agenda rempli. C\u2019est plut\u00f4t le sentiment que tout s\u2019entasse dans la t\u00eate avant m\u00eame de s\u2019\u00eatre r\u00e9ellement produit. Chaque t\u00e2che nouvelle ne vient pas simplement s\u2019ajouter \u00e0 une liste : elle s\u2019abat sur une repr\u00e9sentation d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9e. Ce qui p\u00e8se, alors, ce n\u2019est pas un \u00e9l\u00e9ment isol\u00e9, mais la vision globale du trop-plein. Le film mental du d\u00e9bordement. La sensation de ne plus pouvoir contenir ce qui vient. L\u00e0 encore, la diff\u00e9rence entre stress et angoisse me semble importante : le stress r\u00e9pond souvent \u00e0 une pression concr\u00e8te ; l\u2019angoisse, elle, se loge aussi dans le r\u00e9cit int\u00e9rieur que je tisse autour de cette pression, dans la mani\u00e8re dont l\u2019esprit transforme une charge en horizon d\u2019\u00e9crasement. Comprendre cela n\u2019a pas dissous mes crises d\u2019angoisse. Et je n&rsquo;ai aucun complexe \u00e0 dire que je les traite avec l&rsquo;aide d&rsquo;une psy fabuleuse et, quand je suis \u00e9cras\u00e9 et d\u00e9pass\u00e9, par des anxiolytiques (et pour les m\u00e9decins autoproclam\u00e9s des r\u00e9seaux sociaux : je cours, je nage, je marche, je me nourris correctement, j&rsquo;ai test\u00e9 plein de choses pendant des ann\u00e9es). Pour le reste, nommer n\u2019est pas gu\u00e9rir. Classer n\u2019est pas calmer. Je ne vais pas faire semblant qu\u2019une typologie intime suffit \u00e0 pacifier le syst\u00e8me nerveux ou \u00e0 faire taire les nuits trop pleines. Mais cela a tout de m\u00eame chang\u00e9 quelque chose. \u00c0 la place d\u2019une masse confuse, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 voir des formes. \u00c0 la place d\u2019un envahissement total, des logiques distinctes. Et parfois, dans ce tr\u00e8s l\u00e9ger d\u00e9placement, quelque chose s\u2019ouvre. Pas une d\u00e9livrance spectaculaire. Pas une victoire nette. Juste un peu de clart\u00e9. Un peu d\u2019espace entre l\u2019angoisse et moi. Et parfois, dans cet espace minuscule, il redevient possible de respirer. Un peu, du moins. R\u00e9f\u00e9rences (1)&nbsp;Lazarus, R. S., &amp; Folkman, S. (1984).&nbsp;Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company. (2)&nbsp;American Psychological Association. (2019, October 28).&nbsp;What\u2019s the difference between stress and anxiety?&nbsp;American Psychological Association. (3)&nbsp;Barlow, D. H. (2002).&nbsp;Anxiety and its disorders: The nature and treatment of anxiety and panic&nbsp;(2nd ed.). Guilford Press. Transparence : j\u2019\u00e9cris moi-m\u00eame mes textes. Pour celui-ci, j\u2019ai simplement utilis\u00e9 ChatGPT comme outil de relecture (correction, reformulation, fluidit\u00e9) et Perplexity comme carnet de notes pour rep\u00e9rer des sources et organiser des \u00e9l\u00e9ments. 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