{"id":645,"date":"2026-08-21T18:30:40","date_gmt":"2026-08-21T16:30:40","guid":{"rendered":"https:\/\/profunitespeciale.be\/?p=645"},"modified":"2026-08-21T18:47:48","modified_gmt":"2026-08-21T16:47:48","slug":"pour-tout-lor-du-monde-personne-ne-changera-davis-retour-sur-une-enieme-etude-sur-lhomeopathie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/profunitespeciale.be\/?p=645","title":{"rendered":"Personne ne changera d\u2019avis : retour sur une \u00e9ni\u00e8me \u00e9tude sur l\u2019hom\u00e9opathie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a des \u00e9tudes qui paraissent avec le bruit discret des choses d\u00e9j\u00e0 sues. Elles arrivent, elles confirment ce que beaucoup de synth\u00e8ses disaient d\u00e9j\u00e0, elles ajoutent une pierre \u00e0 un mur qui en compte d\u00e9j\u00e0 beaucoup, puis elles repartent dans le grand brouhaha du monde sans vraiment d\u00e9placer les lignes. On les partage un peu, on les commente, on s\u2019en amuse parfois, on s\u2019en agace souvent. Puis chacun retourne \u00e0 ses certitudes, avec cette petite \u00e9l\u00e9gance humaine qui consiste \u00e0 consid\u00e9rer que les faits nouveaux sont surtout int\u00e9ressants lorsqu\u2019ils confirment ce que nous pensions d\u00e9j\u00e0. R\u00e9cemment, une information a circul\u00e9 : en Bavi\u00e8re, une <a href=\"https:\/\/lejournaldumedecin.pmg.be\/fr\/fichier\/EAKbe2634S30_00\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00e9tude financ\u00e9e \u00e0 hauteur de 640 000 euros<\/a> aurait \u00e9valu\u00e9 l\u2019hom\u00e9opathie contre les infections urinaires, avec une conclusion qui ne surprendra pas grand monde du c\u00f4t\u00e9 des sceptiques : aucune preuve d\u2019une efficacit\u00e9 sup\u00e9rieure au placebo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vous conseille deux livres sur le sujet :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Durand, T. C. (2019).\u00a0<em>Connaissez-vous l\u2019hom\u00e9opathie ? Id\u00e9ologie, m\u00e9dias, sciences<\/em>. \u00c9ditions Mat\u00e9riologiques.<\/li>\n\n\n\n<li>Monvoisin, R., Druart, L., & Pinsault, N. (2026).\u00a0<em>Placebo : Enqu\u00eate historique et scientifique sur un myst\u00e8re m\u00e9dical<\/em>. Les Ar\u00e8nes.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais peu importe presque, au fond. Car la question la plus int\u00e9ressante n\u2019est peut-\u00eatre pas de savoir si cette \u00e9tude particuli\u00e8re va clore le d\u00e9bat. La question int\u00e9ressante est plut\u00f4t celle-ci : pourquoi savons-nous d\u00e9j\u00e0 qu\u2019elle ne le cl\u00f4turera pas ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne dis pas cela avec m\u00e9pris. Ou du moins j\u2019essaie de ne pas le faire (et d\u00e9sol\u00e9 si j\u2019en donne l\u2019impression). Il serait confortable de se repr\u00e9senter les partisans de l\u2019hom\u00e9opathie comme des personnes simplement mal inform\u00e9es, attendant patiemment qu\u2019une bonne \u00e9tude vienne enfin les lib\u00e9rer de leur erreur. Ce serait une vision tr\u00e8s rassurante de la pens\u00e9e humaine : d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les faits, de l\u2019autre les croyances, et entre les deux un petit pont rationnel que chacun traverserait joyeusement d\u00e8s que la preuve serait suffisamment solide. Malheureusement, nous ne fonctionnons pas comme cela.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nos croyances ne sont pas seulement des id\u00e9es pos\u00e9es sur une \u00e9tag\u00e8re mentale, que l\u2019on remplacerait tranquillement lorsqu\u2019un meilleur mod\u00e8le arrive. Elles sont souvent attach\u00e9es \u00e0 des exp\u00e9riences, \u00e0 des r\u00e9cits personnels, \u00e0 des figures de confiance, \u00e0 une histoire familiale, \u00e0 une m\u00e9fiance envers certaines institutions, \u00e0 une conception du corps, du soin, de la nature, de la m\u00e9decine, parfois m\u00eame \u00e0 une identit\u00e9. Toucher \u00e0 une croyance, ce n\u2019est donc pas seulement corriger une information. C\u2019est parfois tirer sur tout un r\u00e9seau de significations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pour cela qu\u2019une \u00e9tude suppl\u00e9mentaire sur l\u2019hom\u00e9opathie ne changera probablement pas grand-chose pour celles et ceux qui y croient d\u00e9j\u00e0 fortement. Non parce que ces personnes seraient incapables de penser, mais parce qu\u2019elles ne jouent pas exactement au m\u00eame jeu \u00e9pist\u00e9mique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La science pose id\u00e9alement des hypoth\u00e8ses, les soumet \u00e0 des tests, accepte le risque de les voir tomber, puis ajuste ses conclusions en fonction de ce qui r\u00e9siste. Une croyance fortement investie fonctionne souvent autrement. Elle part d\u00e9j\u00e0 d\u2019un point d\u2019arriv\u00e9e : \u00ab l\u2019hom\u00e9opathie fonctionne \u00bb. Le reste devient alors une immense op\u00e9ration de protection. Les \u00e9tudes favorables sont accueillies comme des confirmations. Les \u00e9tudes d\u00e9favorables sont transform\u00e9es en erreurs de protocole, en attaques id\u00e9ologiques, en manipulations int\u00e9ress\u00e9es, en incompr\u00e9hensions de la pratique r\u00e9elle. Ce n\u2019est pas que les faits soient absents. C\u2019est qu\u2019ils entrent dans un syst\u00e8me o\u00f9 leur r\u00f4le est d\u00e9j\u00e0 distribu\u00e9 \u00e0 l\u2019avance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Repousser la critique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>premier m\u00e9canisme de d\u00e9fense<\/strong> est sans doute le plus classique : l\u2019\u00e9tude \u00e9tait mal faite. Et soyons honn\u00eates, cette critique n\u2019est pas ill\u00e9gitime en soi. Une \u00e9tude peut \u00eatre mal construite, trop faible, trop courte, trop peu repr\u00e9sentative, trop fragile m\u00e9thodologiquement. Il faut donc garder de la nuance. Mais le probl\u00e8me commence lorsque cette critique devient automatique. Lorsque chaque r\u00e9sultat d\u00e9favorable est imm\u00e9diatement disqualifi\u00e9. Mauvais patients. Mauvais hom\u00e9opathes. Mauvaise dilution. Mauvaise indication. Mauvais protocole. Mauvais contexte. Mauvaise mani\u00e8re de comprendre l\u2019individualisation du traitement. Et lorsqu\u2019une nouvelle \u00e9tude tente de r\u00e9pondre \u00e0 ces critiques, <em>paf pif pouf<\/em>, <em>magie !<\/em>, de nouvelles conditions apparaissent encore, comme si la croyance poss\u00e9dait une capacit\u00e9 infinie \u00e0 d\u00e9placer les poteaux de but. \u00c0 ce moment-l\u00e0, la question n\u2019est plus seulement de savoir si cette \u00e9tude-ci est bonne ou mauvaise. La question devient : quelle \u00e9tude pourrait r\u00e9ellement vous faire changer d\u2019avis ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette question est brutale, mais elle est centrale. Dans la tradition h\u00e9rit\u00e9e notamment de Karl Popper, une th\u00e9orie scientifique doit accepter d\u2019\u00eatre mise en danger par le r\u00e9el. Elle doit pouvoir dire, au moins en principe : si tel r\u00e9sultat appara\u00eet, alors mon hypoth\u00e8se est fragilis\u00e9e, peut-\u00eatre m\u00eame r\u00e9fut\u00e9e. C\u2019est ce qu\u2019on appelle la r\u00e9futabilit\u00e9 ou la falsifiabilit\u00e9. Une id\u00e9e scientifique digne de ce nom ne se contente pas d\u2019accumuler des confirmations. Elle accepte aussi de formuler les conditions de sa propre chute. Or certaines d\u00e9fenses de l\u2019hom\u00e9opathie semblent pr\u00e9cis\u00e9ment fonctionner \u00e0 l\u2019inverse. Elles ne disent jamais clairement ce qui pourrait compter comme une r\u00e9futation. Si une \u00e9tude est favorable, elle prouve que \u00e7a marche. Si une \u00e9tude est d\u00e9favorable, elle prouve seulement que l\u2019\u00e9tude \u00e9tait mal faite, que les chercheurs n\u2019ont rien compris, que les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques ont parl\u00e9, ou que l\u2019hom\u00e9opathie ne peut pas \u00eatre \u00e9valu\u00e9e selon ces m\u00e9thodes. \u00c0 force, l\u2019hypoth\u00e8se devient imprenable. Et une hypoth\u00e8se imprenable n\u2019est pas une hypoth\u00e8se forte. C\u2019est souvent une hypoth\u00e8se qui a quitt\u00e9 le terrain scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est exactement ce que des auteurs comme Sven Ove Hansson ont bien montr\u00e9 dans leurs travaux sur les pseudosciences : celles-ci ne se caract\u00e9risent pas seulement par des id\u00e9es fausses, mais par un certain rapport \u00e0 la critique. Une science vivante accepte la confrontation, la correction, l\u2019incertitude, la r\u00e9vision. Une pseudoscience, elle, tend \u00e0 organiser sa propre immunit\u00e9. Elle se prot\u00e8ge contre les r\u00e9sultats d\u00e9favorables. Elle transforme la critique en pers\u00e9cution. Elle interpr\u00e8te le d\u00e9saccord comme une preuve de fermeture d\u2019esprit. Elle construit des sorties de secours rh\u00e9toriques pour ne jamais avoir \u00e0 modifier son noyau dur. Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas seulement de croire une chose discutable. Le probl\u00e8me est de croire une chose de telle mani\u00e8re qu\u2019aucune discussion ne puisse plus vraiment l\u2019atteindre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Voir le mal<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>deuxi\u00e8me m\u00e9canisme<\/strong> est la lecture complotiste. L\u00e0 aussi, il faut avancer prudemment, car il serait absurde de dire que les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques n\u2019existent pas. Ils existent. Les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats existent. Les scandales sanitaires existent. L\u2019industrie pharmaceutique n\u2019est pas une chorale d\u2019enfants en pull blanc chantant pour le bien d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9. Il y a eu des abus, des pressions, des strat\u00e9gies commerciales discutables, parfois des catastrophes. Il est donc parfaitement l\u00e9gitime d\u2019interroger les financements, les liens d\u2019int\u00e9r\u00eats, les conditions de production d\u2019une \u00e9tude. Mais le soup\u00e7on n\u2019est pas une r\u00e9futation. Dire \u00ab \u00e0 qui profite le crime ? \u00bb ne suffit pas \u00e0 invalider un r\u00e9sultat. On peut et on doit examiner les int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence, mais cela ne remplace pas l\u2019analyse m\u00e9thodologique, la comparaison des donn\u00e9es, l\u2019accumulation des preuves, la coh\u00e9rence des r\u00e9sultats avec l\u2019ensemble de la litt\u00e9rature disponible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le raisonnement devient circulaire lorsqu\u2019on sait d\u00e9j\u00e0 que l\u2019hom\u00e9opathie fonctionne, puis que l\u2019on cherche ensuite une explication pour \u00e9carter TOUT ce qui dit le contraire. Si l\u2019\u00e9tude est d\u00e9favorable, c\u2019est qu\u2019elle est manipul\u00e9e. Si elle est manipul\u00e9e, c\u2019est bien la preuve que certains veulent d\u00e9truire l\u2019hom\u00e9opathie. Et si certains veulent la d\u00e9truire, c\u2019est sans doute qu\u2019elle fonctionne et qu\u2019elle d\u00e9range. La croyance se nourrit alors de ce qui devrait l\u2019affaiblir. Le d\u00e9saccord devient une preuve. La contradiction devient une confirmation. La critique devient un sympt\u00f4me de v\u00e9rit\u00e9. On conna\u00eet ce m\u00e9canisme dans beaucoup d\u2019univers complotistes : si vous ne voyez pas le complot, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment qu\u2019il est bien cach\u00e9 ; si vous le contestez, c\u2019est peut-\u00eatre que vous en faites partie ; si aucune preuve ne l\u2019atteste, c\u2019est bien la preuve que les preuves ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es. \u00c0 ce niveau-l\u00e0, la discussion ne porte plus sur les faits, mais sur un syst\u00e8me herm\u00e9neutique ferm\u00e9, une machine \u00e0 transformer toute objection en carburant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La primaut\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>troisi\u00e8me m\u00e9canisme<\/strong> est probablement le plus humain, et donc le plus puissant : \u00ab pourtant, moi, \u00e7a marche \u00bb. Cette phrase est presque indestructible parce qu\u2019elle repose sur une exp\u00e9rience v\u00e9cue, et qu\u2019il est toujours d\u00e9licat de venir opposer un graphique \u00e0 quelqu\u2019un qui raconte son corps, son enfant, son animal, sa douleur, sa gu\u00e9rison. Quelqu\u2019un a eu un rhume, a pris de l\u2019hom\u00e9opathie, puis s\u2019est senti mieux. Quelqu\u2019un a donn\u00e9 des granules \u00e0 son chien, et le chien a sembl\u00e9 aller mieux. Quelqu\u2019un avait des troubles r\u00e9currents, a consult\u00e9 un hom\u00e9opathe, s\u2019est senti \u00e9cout\u00e9, apais\u00e9, accompagn\u00e9. Il serait profond\u00e9ment maladroit de balayer cela d\u2019un revers de main en disant : \u00ab votre exp\u00e9rience ne vaut rien \u00bb. Elle vaut quelque chose, bien s\u00fbr. Elle vaut comme exp\u00e9rience. Elle dit quelque chose du v\u00e9cu, de la relation de soin, de l\u2019attention re\u00e7ue, de l\u2019\u00e9volution spontan\u00e9e des sympt\u00f4mes, de l\u2019espoir, de l\u2019effet contexte, du temps qui passe, de la mani\u00e8re dont nous donnons du sens \u00e0 ce qui nous arrive.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais elle ne r\u00e9pond pas \u00e0 la question essentielle. La question n\u2019est pas : \u00ab ai-je gu\u00e9ri apr\u00e8s avoir pris ce traitement ? \u00bb La question est : \u00ab que se serait-il pass\u00e9 si je ne l\u2019avais pas pris ? \u00bb C\u2019est l\u00e0 toute la difficult\u00e9. Beaucoup de sympt\u00f4mes disparaissent d\u2019eux-m\u00eames. Beaucoup de maladies \u00e9voluent par cycles. Beaucoup de douleurs fluctuent. Beaucoup de rhumes gu\u00e9rissent au bout de quelques jours, quoi que l\u2019on fasse. Si l\u2019hom\u00e9opathie ne vous gu\u00e9rit pas d\u2019une maladie grave, alors vous n\u2019\u00eates plus de ce monde pour porter un t\u00e9moignage n\u00e9gatif. Si je prends un traitement au milieu d\u2019un processus normal de gu\u00e9rison, je peux tr\u00e8s facilement lui attribuer l\u2019am\u00e9lioration qui serait peut-\u00eatre arriv\u00e9e de toute fa\u00e7on. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cela que les essais contr\u00f4l\u00e9s existent. Non parce que les chercheurs seraient des \u00eatres froids incapables d\u2019entendre les r\u00e9cits personnels, mais parce que les r\u00e9cits personnels ne permettent pas, seuls, de distinguer l\u2019effet sp\u00e9cifique d\u2019un traitement de tout ce qui l\u2019entoure : \u00e9volution naturelle, placebo, attentes, attention, r\u00e9gression \u00e0 la moyenne, hasard, contexte de soin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En guise de r\u00e9flexion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que le d\u00e9bat devient si difficile : l\u2019hom\u00e9opathie ne se d\u00e9fend pas seulement comme une th\u00e9rapeutique, mais comme un monde. Elle est souvent associ\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une m\u00e9decine plus douce, plus individualis\u00e9e, plus naturelle, plus respectueuse, moins brutale, moins industrielle. Elle se pr\u00e9sente, pour beaucoup, comme une alternative \u00e0 une m\u00e9decine per\u00e7ue comme froide, rapide, technique, parfois d\u00e9shumanisante. Et il faut entendre quelque chose de cette critique. La m\u00e9decine conventionnelle peut \u00eatre exp\u00e9ditive. Certains patients ne se sentent pas \u00e9cout\u00e9s. Le syst\u00e8me de soins peut \u00eatre violent, satur\u00e9, impersonnel. Il y a une vraie demande de relation, de temps, d\u2019attention, de reconnaissance. Mais une critique juste de certaines limites de la m\u00e9decine conventionnelle ne suffit pas \u00e0 rendre efficace une pratique qui ne d\u00e9montre pas d\u2019effet sp\u00e9cifique au-del\u00e0 du placebo. On peut avoir raison de vouloir plus d\u2019\u00e9coute, et tort de penser que des granules hautement dilu\u00e9s poss\u00e8dent une efficacit\u00e9 pharmacologique propre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est l\u00e0 que la lutte contre l\u2019hom\u00e9opathie me semble mal comprise lorsqu\u2019on la r\u00e9duit \u00e0 une lutte d\u2019information. Nous avons d\u00e9j\u00e0 beaucoup d\u2019informations. Nous avons des synth\u00e8ses, des m\u00e9ta-analyses, des rapports institutionnels, des essais contr\u00f4l\u00e9s, des discussions m\u00e9thodologiques. Les d\u00e9bats ne sont pas parfaitement clos dans chaque d\u00e9tail, \u00e9videmment, car la science n\u2019est jamais une dalle de b\u00e9ton tomb\u00e9e du ciel. Mais la tendance g\u00e9n\u00e9rale est suffisamment claire : rien ne permet aujourd\u2019hui de conclure \u00e0 une efficacit\u00e9 sp\u00e9cifique de l\u2019hom\u00e9opathie sup\u00e9rieure au placebo. Pourtant, cette information ne suffit pas \u00e0 dissoudre la croyance. Parce que la croyance n\u2019est pas maintenue seulement par un manque d\u2019information. Elle est maintenue par une mani\u00e8re de se repr\u00e9senter le soin, la nature, le corps, la science, l\u2019industrie, l\u2019autorit\u00e9, le t\u00e9moignage, la preuve et parfois m\u00eame soi-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pourquoi je pense que publier une \u00e9tude suppl\u00e9mentaire, m\u00eame financ\u00e9e \u00e0 grands frais, ne changera probablement pas grand-chose. Elle sera accueillie par les sceptiques comme une confirmation suppl\u00e9mentaire. Elle sera accueillie par les convaincus comme une \u00e9tude de plus qui ne prouve rien, parce qu\u2019elle n\u2019aura pas respect\u00e9 les vraies conditions de l\u2019hom\u00e9opathie, parce qu\u2019elle aura \u00e9t\u00e9 mal pens\u00e9e, mal conduite, mal financ\u00e9e, mal intentionn\u00e9e, ou parce que l\u2019exp\u00e9rience personnelle restera plus forte que les r\u00e9sultats agr\u00e9g\u00e9s. Chacun y trouvera ce qu\u2019il savait d\u00e9j\u00e0 y trouver. Les uns diront : \u00ab encore une preuve que cela ne marche pas \u00bb. Les autres r\u00e9pondront : \u00ab encore une preuve que vous n\u2019avez rien compris \u00bb. Et le d\u00e9bat continuera, moins comme une discussion sur les donn\u00e9es que comme une bataille entre deux visions du monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela ne veut pas dire qu\u2019il ne faut plus produire d\u2019\u00e9tudes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vraie question que j\u2019aimerais poser aux d\u00e9fenseurs de l\u2019hom\u00e9opathie est donc tr\u00e8s simple : quel r\u00e9sultat pourrait vous faire changer d\u2019avis ? Quelle \u00e9tude faudrait-il produire ? Dans quelles conditions ? Avec quel protocole ? Combien d\u2019essais d\u00e9favorables seraient n\u00e9cessaires ? Quels crit\u00e8res accepteriez-vous \u00e0 l\u2019avance ? Que faudrait-il observer pour conclure, m\u00eame prudemment, que l\u2019hom\u00e9opathie ne produit pas d\u2019effet sp\u00e9cifique au-del\u00e0 du placebo ? S\u2019il existe une r\u00e9ponse claire, alors la discussion reste possible. On peut d\u00e9battre des m\u00e9thodes, des seuils, des crit\u00e8res, des limites. Mais s\u2019il n\u2019existe aucune r\u00e9ponse, si aucune \u00e9tude d\u00e9favorable ne peut jamais compter, si chaque r\u00e9sultat n\u00e9gatif est toujours d\u00e9j\u00e0 annul\u00e9 par une justification <em>ad hoc<\/em>, alors il faut avoir l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de reconna\u00eetre que nous ne sommes plus dans une d\u00e9marche scientifique. Nous sommes dans une croyance prot\u00e9g\u00e9e contre sa propre mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et c\u2019est l\u00e0 le paradoxe presque ironique : plus certains d\u00e9fenseurs de l\u2019hom\u00e9opathie refusent les conditions m\u00eames de la contradiction, plus ils donnent raison \u00e0 celles et ceux qui la rangent du c\u00f4t\u00e9 des pseudosciences. C\u2019en est m\u00eame un \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9finition. Ce n\u2019est pas seulement le contenu de la croyance qui pose probl\u00e8me. C\u2019est son immunisation. Lorsqu\u2019une id\u00e9e a toujours raison, quoi qu\u2019il arrive, lorsqu\u2019elle gagne m\u00eame quand elle perd, lorsqu\u2019elle transforme chaque \u00e9chec en preuve suppl\u00e9mentaire de sa profondeur ou de la malveillance adverse, elle cesse de jouer le jeu de la connaissance. Elle entre dans un autre r\u00e9gime, celui de la fid\u00e9lit\u00e9, de l\u2019attachement, de l\u2019identit\u00e9, parfois de la foi. Et elle sort du domaine de la science.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et dans ce cas, il faut la nommer comme ce qu\u2019elle est : une croyance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vous pouvez \u00e9videmment \u00eatre en d\u00e9saccord avec ce texte. Je ne demande qu\u2019une seule chose : qu\u2019il soit lu avant d\u2019\u00eatre attaqu\u00e9. Si vous souhaitez r\u00e9agir en commentaire, glissez simplement quelque part le nom d\u2019une couleur que vous aimez. Ce sera une petite mani\u00e8re de signaler que vous \u00eates all\u00e9\u00b7e jusqu\u2019au bout du texte avant de r\u00e9pondre, et que la discussion peut commencer sur une base un peu plus honn\u00eate, un peu plus lucide, un peu moins r\u00e9flexe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Notice d\u2019utilisation de l\u2019IA<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Transparence : j\u2019\u00e9cris moi-m\u00eame mes textes. J\u2019utilise ChatGPT comme outil de relecture (correction, reformulation, fluidit\u00e9) et Perplexity comme carnet de notes pour rep\u00e9rer des sources et organiser des \u00e9l\u00e9ments, au besoin. Le fond, le ton, les choix, et la responsabilit\u00e9 du contenu restent enti\u00e8rement les miens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a des \u00e9tudes qui paraissent avec le bruit discret des choses d\u00e9j\u00e0 sues. Elles arrivent, elles confirment ce que beaucoup de synth\u00e8ses disaient d\u00e9j\u00e0, elles ajoutent une pierre \u00e0 un mur qui en compte d\u00e9j\u00e0 beaucoup, puis elles repartent dans le grand brouhaha du monde sans vraiment d\u00e9placer les lignes. On les partage un peu, on les commente, on s\u2019en amuse parfois, on s\u2019en agace souvent. Puis chacun retourne \u00e0 ses certitudes, avec cette petite \u00e9l\u00e9gance humaine qui consiste \u00e0 consid\u00e9rer que les faits nouveaux sont surtout int\u00e9ressants lorsqu\u2019ils confirment ce que nous pensions d\u00e9j\u00e0. R\u00e9cemment, une information a circul\u00e9 : en Bavi\u00e8re, une \u00e9tude financ\u00e9e \u00e0 hauteur de 640 000 euros aurait \u00e9valu\u00e9 l\u2019hom\u00e9opathie contre les infections urinaires, avec une conclusion qui ne surprendra pas grand monde du c\u00f4t\u00e9 des sceptiques : aucune preuve d\u2019une efficacit\u00e9 sup\u00e9rieure au placebo. Je vous conseille deux livres sur le sujet : Mais peu importe presque, au fond. Car la question la plus int\u00e9ressante n\u2019est peut-\u00eatre pas de savoir si cette \u00e9tude particuli\u00e8re va clore le d\u00e9bat. La question int\u00e9ressante est plut\u00f4t celle-ci : pourquoi savons-nous d\u00e9j\u00e0 qu\u2019elle ne le cl\u00f4turera pas ? Je ne dis pas cela avec m\u00e9pris. Ou du moins j\u2019essaie de ne pas le faire (et d\u00e9sol\u00e9 si j\u2019en donne l\u2019impression). Il serait confortable de se repr\u00e9senter les partisans de l\u2019hom\u00e9opathie comme des personnes simplement mal inform\u00e9es, attendant patiemment qu\u2019une bonne \u00e9tude vienne enfin les lib\u00e9rer de leur erreur. Ce serait une vision tr\u00e8s rassurante de la pens\u00e9e humaine : d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les faits, de l\u2019autre les croyances, et entre les deux un petit pont rationnel que chacun traverserait joyeusement d\u00e8s que la preuve serait suffisamment solide. Malheureusement, nous ne fonctionnons pas comme cela. Nos croyances ne sont pas seulement des id\u00e9es pos\u00e9es sur une \u00e9tag\u00e8re mentale, que l\u2019on remplacerait tranquillement lorsqu\u2019un meilleur mod\u00e8le arrive. Elles sont souvent attach\u00e9es \u00e0 des exp\u00e9riences, \u00e0 des r\u00e9cits personnels, \u00e0 des figures de confiance, \u00e0 une histoire familiale, \u00e0 une m\u00e9fiance envers certaines institutions, \u00e0 une conception du corps, du soin, de la nature, de la m\u00e9decine, parfois m\u00eame \u00e0 une identit\u00e9. Toucher \u00e0 une croyance, ce n\u2019est donc pas seulement corriger une information. C\u2019est parfois tirer sur tout un r\u00e9seau de significations. C\u2019est pour cela qu\u2019une \u00e9tude suppl\u00e9mentaire sur l\u2019hom\u00e9opathie ne changera probablement pas grand-chose pour celles et ceux qui y croient d\u00e9j\u00e0 fortement. Non parce que ces personnes seraient incapables de penser, mais parce qu\u2019elles ne jouent pas exactement au m\u00eame jeu \u00e9pist\u00e9mique. La science pose id\u00e9alement des hypoth\u00e8ses, les soumet \u00e0 des tests, accepte le risque de les voir tomber, puis ajuste ses conclusions en fonction de ce qui r\u00e9siste. Une croyance fortement investie fonctionne souvent autrement. Elle part d\u00e9j\u00e0 d\u2019un point d\u2019arriv\u00e9e : \u00ab l\u2019hom\u00e9opathie fonctionne \u00bb. Le reste devient alors une immense op\u00e9ration de protection. Les \u00e9tudes favorables sont accueillies comme des confirmations. Les \u00e9tudes d\u00e9favorables sont transform\u00e9es en erreurs de protocole, en attaques id\u00e9ologiques, en manipulations int\u00e9ress\u00e9es, en incompr\u00e9hensions de la pratique r\u00e9elle. Ce n\u2019est pas que les faits soient absents. C\u2019est qu\u2019ils entrent dans un syst\u00e8me o\u00f9 leur r\u00f4le est d\u00e9j\u00e0 distribu\u00e9 \u00e0 l\u2019avance. Repousser la critique Le premier m\u00e9canisme de d\u00e9fense est sans doute le plus classique : l\u2019\u00e9tude \u00e9tait mal faite. Et soyons honn\u00eates, cette critique n\u2019est pas ill\u00e9gitime en soi. Une \u00e9tude peut \u00eatre mal construite, trop faible, trop courte, trop peu repr\u00e9sentative, trop fragile m\u00e9thodologiquement. Il faut donc garder de la nuance. Mais le probl\u00e8me commence lorsque cette critique devient automatique. Lorsque chaque r\u00e9sultat d\u00e9favorable est imm\u00e9diatement disqualifi\u00e9. Mauvais patients. Mauvais hom\u00e9opathes. Mauvaise dilution. Mauvaise indication. Mauvais protocole. Mauvais contexte. Mauvaise mani\u00e8re de comprendre l\u2019individualisation du traitement. Et lorsqu\u2019une nouvelle \u00e9tude tente de r\u00e9pondre \u00e0 ces critiques, paf pif pouf, magie !, de nouvelles conditions apparaissent encore, comme si la croyance poss\u00e9dait une capacit\u00e9 infinie \u00e0 d\u00e9placer les poteaux de but. \u00c0 ce moment-l\u00e0, la question n\u2019est plus seulement de savoir si cette \u00e9tude-ci est bonne ou mauvaise. La question devient : quelle \u00e9tude pourrait r\u00e9ellement vous faire changer d\u2019avis ? Cette question est brutale, mais elle est centrale. Dans la tradition h\u00e9rit\u00e9e notamment de Karl Popper, une th\u00e9orie scientifique doit accepter d\u2019\u00eatre mise en danger par le r\u00e9el. Elle doit pouvoir dire, au moins en principe : si tel r\u00e9sultat appara\u00eet, alors mon hypoth\u00e8se est fragilis\u00e9e, peut-\u00eatre m\u00eame r\u00e9fut\u00e9e. C\u2019est ce qu\u2019on appelle la r\u00e9futabilit\u00e9 ou la falsifiabilit\u00e9. Une id\u00e9e scientifique digne de ce nom ne se contente pas d\u2019accumuler des confirmations. Elle accepte aussi de formuler les conditions de sa propre chute. Or certaines d\u00e9fenses de l\u2019hom\u00e9opathie semblent pr\u00e9cis\u00e9ment fonctionner \u00e0 l\u2019inverse. Elles ne disent jamais clairement ce qui pourrait compter comme une r\u00e9futation. Si une \u00e9tude est favorable, elle prouve que \u00e7a marche. Si une \u00e9tude est d\u00e9favorable, elle prouve seulement que l\u2019\u00e9tude \u00e9tait mal faite, que les chercheurs n\u2019ont rien compris, que les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques ont parl\u00e9, ou que l\u2019hom\u00e9opathie ne peut pas \u00eatre \u00e9valu\u00e9e selon ces m\u00e9thodes. \u00c0 force, l\u2019hypoth\u00e8se devient imprenable. Et une hypoth\u00e8se imprenable n\u2019est pas une hypoth\u00e8se forte. C\u2019est souvent une hypoth\u00e8se qui a quitt\u00e9 le terrain scientifique. C\u2019est exactement ce que des auteurs comme Sven Ove Hansson ont bien montr\u00e9 dans leurs travaux sur les pseudosciences : celles-ci ne se caract\u00e9risent pas seulement par des id\u00e9es fausses, mais par un certain rapport \u00e0 la critique. Une science vivante accepte la confrontation, la correction, l\u2019incertitude, la r\u00e9vision. Une pseudoscience, elle, tend \u00e0 organiser sa propre immunit\u00e9. Elle se prot\u00e8ge contre les r\u00e9sultats d\u00e9favorables. Elle transforme la critique en pers\u00e9cution. Elle interpr\u00e8te le d\u00e9saccord comme une preuve de fermeture d\u2019esprit. Elle construit des sorties de secours rh\u00e9toriques pour ne jamais avoir \u00e0 modifier son noyau dur. Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas seulement de croire une chose discutable. Le probl\u00e8me est de croire une chose de telle mani\u00e8re qu\u2019aucune discussion ne puisse plus vraiment l\u2019atteindre. Voir le mal Le deuxi\u00e8me m\u00e9canisme est la lecture complotiste. L\u00e0 aussi, il faut avancer prudemment, car il serait absurde de dire que les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques n\u2019existent [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":644,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,1],"tags":[76,92,91,93,94],"class_list":["post-645","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","category-non-classe","tag-controverse","tag-etude","tag-homeopathie","tag-pseudoscience","tag-science"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/645","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=645"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/645\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":653,"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/645\/revisions\/653"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/644"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=645"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=645"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/profunitespeciale.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=645"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}