Alors, par où commencer…
Je m’appelle Régis. J’ai 35 ans, marié, trois enfants qui me rappellent chaque jour que le monde est à réinventer, et je vis dans ce coin de Belgique où la pluie se fait compagne fidèle, dans la campagne paisible de la Province de Namur.
Dans la vie professionnelle, je porte deux casquettes qui se répondent : je suis assistant à l’agrégation (je forme des futurs enseignants) et doctorant (je forme un moi futur) à l’Université de Namur, au sein de la faculté EMCP (Économie, Management, Communication, Sciences politiques). Mon doctorat en sciences économiques et de gestion porte sur la didactique (et la pédagogie, mais on va pas rentrer dans le distinguo) de la pensée critique. J’y explore les controverses éco-socio-scientifiques liées au développement durable, et je m’intéresse à la manière dont l’incertitude, le doute, les croyances et les vertus épistémiques transforment notre rapport au savoir.
C’est dans cet entre-deux (entre rigueur académique et nécessité de transmettre autrement) qu’est né L’Instant critique. Ni tout à fait une conférence, ni tout à fait un spectacle, ce seul-en-scène mêle théâtre, narration, expériences mentales et vulgarisation scientifique pour interroger nos manières de raisonner, de croire et de juger. Sur scène, je joue avec les biais cognitifs, les raccourcis de pensée, les fausses évidences et les certitudes confortables, non pour donner des leçons, mais pour créer des décalages. L’Instant critique est à la fois un objet artistique et un dispositif de recherche : il est pensé comme un outil pédagogique, éprouvé auprès de publics scolaires, universitaires et tout public, et intégré à mon travail doctoral. C’est un laboratoire vivant, où la pensée critique se donne à voir, à ressentir, à discuter.
Avant ce parcours académique, j’ai enseigné pendant dix ans le français (j’ai d’abord un Master plutôt littéraire) et les sciences économiques (j’ai ensuite fait un Master plutôt économique) dans le secondaire supérieur. J’ai également enseigné en haute école (en Belgique, c’est là on l’on va jusqu’à B+3), accompagné des étudiant·e·s en informatique à l’université comme collaborateur didactique (statut précaire situé entre la fontaine à eau et le ficus) et j’ai aussi conçu des formations en entreprise autour de la créativité et de l’innovation. À chaque étape, le fil conducteur reste le même : apprendre à penser, à créer, à relier.
À côté de cette vie « officielle », j’ai longtemps exercé comme photographe : portraits, mariages, reportages, street photography. Aujourd’hui, je photographie moins pour les autres et davantage pour moi, par plaisir, en choisissant mes sujets comme on choisit des rencontres.
Et puis, il y a mes autres terrains de jeu. L’improvisation théâtrale, que je pratique depuis plus de la moitié de ma vie, au sein des Otarires, une équipe liégeoise devenue famille. La musique, avec le piano que je joue depuis l’enfance et le chant lyrique que j’ai découvert plus récemment. Les sentiers enfin, avec le trail (pas impossible aussi de me croiser sur triathlon), non pour le chrono mais pour la beauté des paysages traversés. Je suis moins un compétiteur qu’un esthète des chemins. J’aime courir lentement, mais longtemps, tout seul, dans les bois, le jour ou la nuit, c’est selon.
En somme, je chemine entre recherche et transmission, entre rigueur académique et élans artistiques, entre savoirs et expériences sensibles. Une vie faite d’allers-retours où doute et passion m’animent.
